Un symbole de la puissance ascendante du Panah Ali Khan du Karabakh : la forteresse de Chahboulag – Qarabag
Un symbole de la puissance ascendante du Panah Ali Khan du Karabakh : la forteresse de Chahboulag

Après l’occupation d’Aghdam par des formations armées arméniennes, le 23 juillet 1993, la forteresse de Chahboulag a été vandalisée. Avec la libération d’Aghdam de l’occupation arménienne, le 20 novembre 2020, des travaux sont en cours pour restaurer la forteresse de Chahboulag, deuxième centre administratif du khanat du Karabakh, situé à environ 10 km de la ville d’Aghdam.

La forteresse de Chahboulag est située au pied d’une colline près du village de Chahboulag de la région d’Aghdam en Azerbaïdjan.

La forteresse a été construite par Panah Ali Khan de Karabakh en 1751-1752. Cependant, selon le savant azerbaïdjanais Tchinguiz Kadjar, la forteresse a été construite en 1748-1749.
[Mirza-Adigezal-bek. Karabakh-namé 1950., p. 55]
[Mirza Jamal Djavanchir de Karabakh. Histoire du Karabakh. 1959, p.70;101]
[Tch. Kadjar. Vieux Choucha. 2007, p. 69]

Après avoir vaincu les khans Chéki et Chirvan lors de la bataille près de la forteresse de Bayat en 1748, Panah Ali Khan, afin de combattre efficacement les meliks du Karabakh, décida de construire une forteresse plus protégée dans le village de Tarnakut près de la source de Chahboulag, qui reçut son nom du souverain séfévide Chah Abbas I.

L’historien azerbaïdjanais Mirza Adigozal-bek écrit à ce sujet:
“Après cet événement, Panah Khan s’est dit : ce n’est que récemment que je me suis repris, la population de Djavanshir, les Otouzikis s’opposent à moi, les meliks de Khamsé sont en inimitié avec moi. Je dois m’installer dans un endroit plus fortifié et invulnérable. Je ne dois pas être indifférent aux intrigues et aux empiètements de mes ennemis.”
[Mirza Adigozal-bek. Karabakh-namé 1950. pp. 54-55]
[Mirza Jamal Djavanchir de Karabakh, Histoire de Garabakh, 1959, p. 68]
[Abbasgoulou agha Bakikhanov. Gülüstani-Iräm. 1991, p. 77]

L’historien militaire russe V. Potto décrit la forteresse comme suit:
“Dans le Khanat de Karabakh, au pied d’une colline rocheuse, tout près de la route d’Elizavetpol à Choucha, il y a un ancien château entouré d’un haut mur de pierre avec six tours rondes à moitié détruites. Près de ce château, frappant le voyageur par ses contours massifs, se trouve la source de Chahboulag”.
[V. Potto. Guerre du Caucase dans des essais, épisodes, légendes et biographies séparés. Volume 2. 1887 page 378]

Le livre “Instauration de la souveraineté russe dans le Caucase” de 1901 donne une description détaillée de la forteresse :
“Le château de Chahboulag est situé sur la rive d’une rivière du même nom. Il a été construit par l’un des souverains du Karabakh, Panah Khan, pour servir de résidence d’hiver lorsque le froid et la tempête règnent au sommet des falaises de Choucha. Les vestiges du château, relativement peu endommagés par le temps, sont encore visibles au sommet de la colline, à côté des sources abondants en eau qui ont donné leur nom à la construction. Derrière ses hauts murs, la troupe pouvait tenir jusqu’à l’arrivée des secours, si seulement il y avait assez de nourriture. Les canons de campagne ne peuvent pas percer les murs épais du château de Chahboulag.”
[Instauration de la souveraineté russe dans le Caucase. Volume I. 1901, pp. 208-209]

Dans le livre “Architecture de la ville de Choucha et les problèmes de préservation de son aspect historique”, 1977, il est écrit au sujet de la forteresse:
“Le château de Panah Khan est une petite structure rectangulaire entourée de tous côtés par des murs défensifs, fortifiée aux quatre coins extérieurs par des tours de combat circulaires à trois quarts, en outre, une tour semi-circulaire jouxte le centre de chaque mur, à l’exception du celui de l’Est. Il y avait deux citadelles à l’intérieur de la citadelle et une à l’extérieur de la citadelle, qui n’a pas été conservée à ce jour. Les murs extérieurs et les tours du château vers le haut ont été légèrement amincis et terminés par des créneaux.

La hauteur des murs peut atteindre 7 m et les tours – jusqu’à 8,5 m. Les murs et les tours du château sur toute leur longueur étaient traversés par un grand nombre de meurtrières étroites, au-dessous desquelles, à un niveau propice à la défense depuis les meurtrières, il y avait des toits de pièces à un étage.  Probablement, autrefois, ils jouxtaient les murs du château sur tout le périmètre intérieur, formant une cour. À l’heure actuelle, seules deux pièces d’angle, recouvertes de voûtes en pierre et jouxtant le mur ouest du château, sont conservées. Des traces de niches ont été conservées dans les murs de ces salles.

L’entrée du château se trouvait au centre du mur oriental et elle était protégée par une haute construction prismatique à deux étages avec une entrée en forme de L dans la face sud. Les arcs d’entrée situés à angle droit les uns des autres ne donnaient pas un accès direct au château. La construction prismatique était la huitième tour de la porte principale, qui dominait tout le château de Chahboulag. On peut supposer que l’étage supérieur de la tour située au-dessus de la porte était occupé par Panah Khan lui-même. Un escalier ouvert en pierre menait de la cour au deuxième étage de la tour-porte. À l’heure actuelle, l’étage supérieur de la tour de la porte décrite n’a pas été conservé.
[E. Avalov. Architecture de Choucha et les problèmes de préservation de son image historique. 1977, pp. 10-13]

Suite à l’achèvement de la forteresse, Panah Ali Khan et sa famille s’y sont installés en 1750. Il a construit une mosquée, un bazar, des bains et une place dans la forteresse en pierre et en calcaire.
Comme le note l’historien azerbaïdjanais Mirza Djamal Karabagui :
“Après trois ou quatre ans du gouvernement indépendant à Chahboulag, la nouvelle de l’indépendance et du pouvoir toujours croissant [de Panakh Khan] et du nombre de ses partisans a été largement diffusée dans les régions environnantes dans les régions environnantes.”
[Mirza Djamal Djavanchir du Karabakh. L’histoire du Karabakh. 1959, p. 70]

En raison de l’emplacement stratégique peu pratique de la forteresse dans les basses terres et du climat étouffant de la région, Panah Ali Khan a décidé de quitter la forteresse, en prévision de la menace d’attaque du dirigeant iranien, Mohammed Hassan Khan Qadjar et des khans voisins. Mirza Djamal Karabagui écrit ce qui suit à son sujet :
“Il est possible qu’ils (les khans voisins) incitent Mohammed Hassan khan et qu’ils déclenchent avec lui une guerre contre nous. Les nomades et les troupes du Karabakh seront écrasés par les armées de Gizilbach et nous, ne pouvant résister à un ennemi aussi puissant et aux troupes des khans voisins dans la forteresse de Chahboulag, nous serons tous tués. Par conséquent, il est nécessaire d’empêcher un événement, pas d’attendre qu’il se produise.”
[Akhmedbek Djavanchir. A propos de l’existence politique du khanat de Karabakh (de 1747 à 1805) 1961, p. 72]
[Mirza Djamal Djavanchir de Karabakh. Histoire du Karabakh. 1959, p. 72]

Après que Panah Ali Khan a déplacé sa résidence à Choucha, la forteresse de Chahboulag est progressivement tombée en ruine.
[Azerbaïdjan. (Sites historiques et lieux incontournables). 1960, p. 134]
[Encyclopédie soviétique azerbaïdjanaise – Xe volume. 1987, p. 476]

Au cours de la guerre russo-iranienne (1804-1813) la forteresse de Chahboulag à trois reprises (en 1805, 1810 et 1812) se trouva au centre des hostilités et passa de main en main.
[Instauration de la souveraineté russe dans le Caucase. Vol. I. 1901, pp. 208-212]
[Instauration de la souveraineté russe dans le Caucase. Vol. II. 1902, pp. 189-190]
[V. Potto. Guerre du Caucase dans des essais, épisodes, légendes et biographies séparés. Vol. 1.1887 pp. 480-481]

Dans le livre “Yevlakh-Choucha: essai Archéologique” de 1928, il est noté que des ruines sont restées de la forteresse.
[Yevlakh-Choucha: essai Archéologique. Joule.Aleksandrovich, I. Azimbekov, M. Sysoev. 1928., p. 8]

Avec l’occupation de la région d’Aghdam par des formations armées arméniennes, en 1993, la forteresse a été vandalisée.

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